Entretien avec Yves-Marie L’Hour, par Eric Lafontaine



Publié par untantraaparis le 11 mars 2015


Yves-Marie et Eric se sont donnés rendez-vous dans une brasserie parisienne à Montmartre dans le 18ème arrondissement.


1) Qui es-tu ?


Je m’appelle Yves-Marie L’Hour, j’ai 39 ans et j’exerce les activités de psychothérapeute, d’animateur et d’enseignant. J’accompagne en individuel et en collectif les personnes sur le chemin de la conscience et du lien en région parisienne, dans le sud de la France (Castelnau-le-Lez, les Cévennes) ainsi qu’en Belgique et en Suisse de manière ponctuelle. J’organise des formations, séminaires, conventions, stages et conférences seul ou en co-animation.


2) Qu’est-ce qui t’a amené au Tantrisme ?


Le terme Tantrisme est une appellation faisant référence à une vision, à une inscription traditionnelle culturelle et philosophique spécifique, celle de la tradition indienne du Tantrisme cachemirien. Mais ce vers quoi pointe ce terme est de l’ordre du pressentiment d’une unité fondamentale de l’expérience, l’expérience de la dualité sur fond de non dualité, qui n’appartient et ne se limite pas au tantrisme. L’appel s’est ainsi fait sentir pour moi bien plus tôt que la rencontre avec le Tantrisme en tant que voie spécifique. J’ai étudié et commencé à pratiquer assez jeune, aux alentours de 7 ans, le développement personnel, la transe, le voyage chamanique, le voyage astral, le rêve lucide… Le rapport corps-conscience me passionnait déjà à cette époque-là. Puis s’en est suivie une forte période de matérialisme de 17 à 22 ans. Je me suis ensuite replongé dans des démarches spirituelles de par la rencontre avec un ami artiste qui s’intéressait depuis 20 ans à la métaphysique et avec qui j’ai replongé dans le milieu et les expériences. J’ai ré-intégré pendant quelques années un petit groupe d’enseignement et de pratique autour de la recherche spirituelle avec quelques autres chercheurs et explorateurs de la conscience. Mais l’approche teintée de dualisme m’a rapidement mis mal à l’aise : il fallait chercher un progrès spirituel, le thème d’une évolution, aller dans une direction pour trouver une forme d’éveil, d’illumination… comme si ce qui était là n’était pas déjà complet et parfait. Alors j’ai pris mes distances. Je cherchais à rencontrer la réalité telle qu’elle est, ici et maintenant, derrière les voiles de mes conditionnements, de mes appétences et appréhensions, un espace d’unité. Je suis alors revenu à la non dualité : cultiver la voie étroite, sans rejet ni complaisance.


2bis) Comment as-tu rencontré le Tantrisme ?


J’ai eu une intuition, un élan. J’avais peut-être entendu parler du Tantra, il était aux frontières de mon champ comme un lieu qui m’appelait à explorer une spiritualité incarnée dans le corps, dans la sensualité, et dans le rapport aux archétypes féminin-masculin. C’était vraiment l’exploration de la conscience dans l’incarnation qui m’intéressait. J’ai alors dû chercher sur internet « Tantra » et je suis tombé sur un site en qui m’a particulièrement appelé, par la sobriété, la simplicité et la clarté de son propos, de sa présentation, et l’invitation à la voie directe : rien à changer, juste sentir ce qui est, prendre conscience de mes « oui » et de mes « non » et faire l’expérience de la véritable nature du Soi. J’ai décroché mon téléphone et appelé l’enseignant. En quelques échanges très succincts, j’ai senti le courant passer, et je me suis inscrit au stage de 2 jours qui avait lieu 3 jours plus tard en région parisienne. Ce week-end a changé ma vie. J’ai touché des espaces de sensorialité, d’ouverture, de vastitude, de joie, de liberté insoupçonnés avec une simplicité qui m’a retourné. Je suis resté dans l’extase tantrique pendant quelques semaines. Le lien à l’autre était d’une fluidité inouïe. J’y étais. S’en sont suivis des dizaines de stages, de formation, de rencontre, d’expérimentation dans d’autres formes et la lecture de textes shivaïtes traditionnels. Tout n’est jamais ensuite qu’expérimentation de cette sensibilité à l’Être. Rien à conquérir, rien à faire.


3) De quelle manière pratiques-tu le Tantrisme personnellement aujourd’hui ?


Toutes les techniques dites « spirituelles » visent à mettre de la conscience sur les conditionnements qui s’interposent entre moi et la réalité de l’expérience intégrale du vivant. Il ne s’agit pas de pratiquer quoi que ce soit, mais de reconnaître et de laisser se dissoudre les automatismes défensifs de la personnalité. Toutes les expériences du quotidien peuvent être l’occasion d’un tremplin vers la joie originelle d’être, sous-jacente à toutes les sensations, émotions, pensées qui me traversent. L’essence de la démarche tantrique pourrait selon moi se résumer en 2 mouvements : Sentir et Offrir. Dans l’instant. Sentir les émotions naître, se développer, mourir. Puis dans le même élan, offrir, c’est à dire célébrer l’instant, sans rejet ni appropriation ce qui est. C’est ma manière de pratiquer et de transmettre ce que j’ai appris, en individuel ou en groupe : toucher à l’extraordinaire dans l’ordinaire. Pas de pratique, pas de discipline, pas de technique en particulier, simplement Sentir et Offrir. Il m’arrive bien entendu de pratiquer de temps à autres, des méditations, du Yoga ou un art martial en fonction des appels du moment, mais sans visée ni projet a priori. Aucune activité n’est plus spirituelle qu’une autre.


4) Quels sont les bienfaits que tu ressens et perçois également chez les personnes que tu accompagnes ?


Ce qui me vient en premier lieu c’est la joie, la joie de me sentir en lien avec la totalité de l’expérience présente. On peut dénommer ce sentiment Joie, Liberté, Amour, Unité, Béatitude, Paix, Tranquillité de l’âme… peu importe… J’ai pu constater depuis 15 ans comme cette expérience rayonne et apaise, dans le cercle de mes relations intimes, amicales, professionnelles, de ma famille, dans les groupes que j’anime ou co-anime, je retrouve cette joie… L’expérience de l’authenticité, de la sincérité du rapport à soi, contacter ma liberté intérieure, révéler la singularité qui me traverse, dans le lien avec les formes mentales, les émotions et le corps.


5) Ton livre de chevet tantrique ?


« Je suis » de Nisargadatta Maharaj.


6) Pour plus d’informations


Se rendre sur http://nava-tantra.com et https://facebook.com/psychoenergie.fr


Retrouvez l’intégralité de l’interview ici.

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