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Traumatisme et éveil spirituel : un chemin à travers les nuées



Il y a différentes manières de rendre compte de la réalité et du contenu de nos expériences psychiques, selon que nous nous référons à une perspective spirituelle ou à une conception psychologique. Les deux visions ne sont en fait pas contradictoires. Elles pointent toutes les deux vers un centre qui se situe à la confluence des deux démarches. L’intention de ce partage est de mettre en évidence les convergences entre le cheminement vers ce qu’il est courant de nommer l’éveil spirituel et les approches de résolution du traumatisme tels que nous les mettons en œuvre dans les sessions individuelles et collectives de Nava-Tantra.


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Que cela nous réjouisse ou non, le traumatisme est une composante essentielle de l’expérience humaine – et plus généralement, même si cela serait trop long à aborder ici, de toute expérience énergétique. Celui-ci peut en effet, et nous allons esquisser quelques éléments qui tenteront d’en rendre compte, être considéré comme l’origine de la plupart des états de souffrances psychologiques, de déconnexion au flux de la vie. Le traumatisme est ainsi d’un certain point de vue le substrat autour duquel s’agrège l’ego tout entier.




Le traumatisme, le regard paralysant de la Méduse


Le traumatisme psychique, psycho-traumatisme, ou traumatisme psychologique, est l’ensemble des dommages d’ordre psychologique résultant d’un événement dramatiquement subi ou de toute forme de violence, éprouvée physiquement ou moralement. Il s’exprime particulièrement dans la vie quotidienne par un trouble de stress post-traumatique dans lequel des éléments anodins, mais soudainement associés à l’événement premier, se transforment en stress. Le traumatisme psychique peut bien entendu parfois s’accompagner d’un traumatisme physique. Mais en soi le traumatisme physique trouvera d’autant plus vite et efficacement sa résolution physiologique que le processus naturel et spontané ne sera pas entravé par des enjeux psychologiques superflus.


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Les causes possibles du trauma sont diverses : perte d’un être proche, viol ou autre abus sexuel, harcèlement moral, violence conjugale, endoctrinement, victime de l’alcoolisme, menace ou témoin d’un événement traumatisant, particulièrement durant l’enfance. Des événements naturels tels que les séismes, tsunami et éruptions volcaniques, les guerres, tortures, abus rituels, agressions animales ou humaines et autres violences aggravantes peuvent également contribuer à un traumatisme psychique. Une exposition à long terme à des situations telles que la pauvreté ou autres formes d’agression, comme les humiliations et agressions verbales, peuvent être traumatisantes.


Il faut souligner que tous les individus ne sont pas susceptibles de formes et d’intensité de traumatisme identiques. La vulnérabilité psychologique varie individuellement, étant liée à l’histoire personnelle ainsi qu’aux traumatismes antérieures non résolus. Les traumatismes ne sont par ailleurs pas simplement personnels, mais peuvent résulter d’expériences collectives, transgénérationnelles et même transpersonnelles. Des expériences effectuées récemment en laboratoire sur des mammifères ont ainsi montré que les traces d’un événement traumatique pouvaient être transmises sur de nombreuses générations à des sujets qui n’avaient pas éprouvé l’expérience initiale de débordement, mais continuaient à manifester les signes du stress post traumatique (déclenchement de suées, accélération du rythme cardiaque, tremblement, figement…) en présence du stimulus initial.




« Trop, trop vite et trop fort ! »


Ce que nous appelons un traumatisme c’est donc en termes très simplifiés une expérience que nous pourrions résumer en ces termes : « Trop, trop vite et trop fort ! » par rapport aux capacités psychiques et physiques de l’organisme qui l’expérimente. Ainsi le caractère traumatique ne réside-t-il pas tant dans les faits objectifs que dans la manière dont ceux ci ont été subjectivement vécus en fonction de l’histoire et de la capacité de résilience de l’individu concerné.


Lorsqu’un événement survient et que nous n’avons la possibilité ni de fuir, ni de combattre, le système va se figer. L’énorme charge énergétique mobilisée afin de faire face à la situation est brusquement freinée, bloquée et stockée dans le système énergétique de la personne, très concrètement dans le système nerveux du corps qui est le pendant physique dense du corps subtil d’énergie (tel que décrit dans les textes tantriques indiens ainsi que dans les traités de médecine taoïste chinois).


Si elle n’est pas déchargée cette somme colossale d’énergie de survie va restée endiguée dans le système, comme un courant de vie qui serait coupée de sa source et continuerait à tourner en rond sans plus être disponible dans le présent, comme si une partie du moi restait emprisonnée dans le passé. Cette énergie immobilisée est stockée sous la forme de multiples vortex traumatiques, séparés de l’unité organique de la personne, comme les parties d’âmes errantes que le shaman des cultures traditionnelles s’évertue à traquer et à rassembler lors des cérémonies de guérison. Ces parts d’âme perdues que sont les vortex traumatiques demeurent enfermées et figées dans le passé de l’événement, au niveau de la conscience reptilienne qui vit et revit sans discontinuité, l’expérience dramatique instituante. Le cerveau reptilien n’a en effet aucune notion de temps ou d’espace, il vit dans l’immédiateté d’un présent sans histoire ni projection, soumis au conditionnement du corps vital et aux boucles de stimuli-réactions.


Le processus de résolution consiste alors pour le thérapeute à faciliter l’auto-guérison du sujet, en permettant la reconnexion de toutes les parties fragmentées du système vital. Car ce n’est jamais le thérapeute ou le patient qui guérit quoi que ce soit, c’est l’intelligence de la Vie a laquelle le corps va, avec les ressources adéquates, pouvoir se reconnecter qui va remettre en fonctionnement le processus naturelle de réintégration. C’est la Vie qui se guérit elle-même. Le thérapeute ou la relation occasionnelle d’aide n’est là que pour permettre au patient de se reconnecter à la source vivante par laquelle le processus naturel de guérison se remet spontanément en œuvre.


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De la résolution des traumas à l’ouverture spirituelle


Alors quelle est la relation entre résolution des traumas et éveil spirituel ?


Pour faire simple, l’ensemble de nos traumas non conscientisés participent à la cristallisation de l’illusion égotique d’un sujet séparé et d’un monde qui nous serait extérieur. Autrement dit, l’ego n’est constitué que de l’ensemble de ces formes pensées traumatiques agrégées, ces mémoires d’agression qui se consolident dans le fantasme d’une personne qui disposerait d’une volonté propre mais qui ne fait que répéter des pulsions d’attachements et de rejets. Ces vortex s’organisent progressivement de manière cohérente, tissent au fil des cycles karmiques une toile déformante et conditionnante qui perpétue les blessures et souffrances de vie en vie, nous enfermant dans des scénarios répétitifs d’attachement et de rejet. L’ensemble de cette toile figée et éclatée entre différents temps et époques constitue exactement l’ego.


A contrario, au fur et à mesure que le processus thérapeutique permet la reconnaissance et la réintégration des énergies bloquées dans les vortex traumatiques, des compréhensions, émotions et expériences inédites émergent. Chacune d’entre elles nous permet de tendre asymptotiquement vers la reconnaissance de la Vie que nous sommes en réalité (peu importe le terme employé, chaque tradition utilise ses métaphores : le Soi, la Vie, l’Esprit, les Lois de la Nature, la Conscience Absolue, Dieu, Paramshiva…). Ces ouvertures se révèlent comme des percées de lumière, d’amour et de gratitude dans le ciel nuageux de la conscience communément obscurcie par les résidus karmiques. Au fur et à mesure que les conditionnements reconnus et intégrés le sont à un niveau existentiel profond, des synchronicités, des visions et des miracles de plus en plus impressionnants surviennent dans l’expérience vivante, des coïncidences inexpliquées, des visions prescientes, des expériences de clairvoyance et de télépathie, puis des percées dans des réalités alternatives, des rencontres avec des êtres d’autres trames, de nouveaux corps, d’autres mondes, d’autres rêves…


Cela peut même apparaitre surprenant, mais il est courant d’observer comment la résolution d’une problématique traumatique chez une personne agit de façon récursive et virale à la fois sur la descendance biologique et karmique, mais également sur l’ascendance. Ce phénomène devient plus évident et naturel, la conscience accède à des expériences de vision au cours desquels elle reconnaît que, en amont de la perspective filtrée par le système nerveux et le cerveau, aucune temporalité linéaire n’existe essentiellement. Dans cette vision, tous les événements de toutes les vies surgissent en un seul instant, un éclair dans la nuit. C’est le mental rationnel et apeuré qui construit l’illusion sécurisante d’une linéarité et d’un sens temporel qui n’a aucun substrat indépendant de cette perspective. Ce que nous nommons réalité est alors expérimentée comme une toile mettant en relation toutes les expériences de tous les temps, lieux et univers, que l’esprit a liberté de contempler dans son ensemble ou d’explorer selon toutes les directions et tous les sens.




Trauma et Sankara : un chemin sans fin…


Il y a ainsi une convergence évidente entre ce concept contemporain de traumatisme tel que nous l’utilisons dans le Nava-Tantra et le concept indien de sankara qui dans la tradition bouddhiste décrit ces traces résiduelles de nos expériences. Ceux-ci déterminent nos avidités et aversions et entretiennent la roue karmique des réincarnations. Au fil des multiples drames, tragédies, souffrances de nos histoires personnelles, familiales, générationnelles, nous portons tous en tant qu’humains de multiples blessures, cicatrices, protections, que nous en soyons conscient ou non. Le trauma est donc un enfermement, tout comme le sankara, qui entretient une vision partielle, figée dans la mémoire et étriquée de la réalité.


De la même façon, donc, que porter des sankaras est synonyme d’être en état d’incarnation dans le cycle du karma, nous pourrions dire qu’être traumatisé est la caractéristique de l’état d’humanité. Certains prétendent que les animaux, les végétaux et les minéraux ne pourraient pas subir de traumatisme, car ne possédant pas de cerveau cognitif ni d’ego, mais c’est la une conception très anthropomorphique. Nous pouvons en toute légitimité parler de traumatismes collectifs ou spécifiques, et l’évolution, au sens darwinien, ne se réduit peut-être finalement qu’à l’histoire de la profusion et de la diversité des modes adaptatifs de survie que les vivants adoptent pour traverser les expériences de débordement qu’ils ont rencontrés tout au long des millions, voire des milliards d’années d’expériences incarnées.


Le traumatisme est donc bien inséparable de notre condition humaine, et plus généralement de toute existence vivante qui à un moment donné fait l’expérience d’une relation sujet-objet. La résolution de toutes les traces traumatiques est à l’inverse le retour à la perspective de la conscience pure qui s’est libérée de toutes les identifications contingentes. De la même façon que dans le discours bouddhiste se libérer peu à peu des résidus sankariques nous permet de nous extraire du déterminisme du cycle des réincarnations, la guérison des traumas nous reconnecte progressivement à la Vie en tant que totalité qui choisit de s’éprouver elle-même à travers l’infinie diversité des formes imaginables.


Autrement dit, en tant qu’être humain, il est illusoire de croire qu’un jour nous pourrions en avoir définitivement terminé avec tout besoin d’accompagnement psychologique. Notre condition humaine réside essentiellement en l’acceptation de notre finitude, ce d’autant plus que nous sommes éveillés aux perspectives spirituelles. Nous pouvons expérimenter une capacité variable de résilience, mais il n’en reste pas moins que nous devrons toujours à un moment ou à un autre faire face à nos limites, ne serait-ce que la naissance et la mort physiologiques. Nos capacité finie de à intégrer les événements extérieurs nous conduiront incessamment dans les lieux de blessures qui nécessiteront de recourir à un soutien thérapeutique, et par là même nous obligerons à remettre en relation les parties qui prétendaient à l’autonomie. Cette finitude est la condition première de l’éveil spirituel, au sens où elle nous rappelle sans cesse à l’humilité de notre condition. L’humilité qui est précisément regardée par nombre de mystique comme la qualité primordiale présidant à la rencontre du divin. Personne ne se sauve seul, et toutes les expériences d’ouverture de conscience demeurent sur un certain plan des expériences relationnelles.




Naviguer entre les vortex…


Dans le Nava-Tantra nous travaillons à la fois en dynamique groupale et en séances de consultations individuelles pour permettre aux personnes de se libérer progressivement du tissu d’illusion qui perpétue la souffrance et l’enfermement dans les processus scénariques, vies après vies. Progressivement le ciel se dégage des nuées et de nouveaux horizons de possibilités s’ouvrent. Nous nous rapprochons, pendulation après pendulation, de la source sans qualité ni limite, la conscience, pure et libre de toute détermination, le seul désir d’être. La vie.


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Le principe de la résolution du trauma consiste invariablement en la reconnexion de chaque blessure avec sa ressource correspondante. Il y a en effet comme une dualisation de l’énergie bloquée qui pour chaque vortex traumatique qui est créé, met en place de manière conjointe un vortex thérapeutique, une énergie de guérison potentielle qui est elle aussi refoulée dans l’inconscient jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau mise en relation avec son corrélat traumatique. Sur un plan cognitif c’est un peu comme si chaque croyance limitante pouvait rencontrer la croyance exactement opposée pour que les deux mouvements, traumatiques et thérapeutiques, se complètent, s’agrègent et s’annulent. L’énergie qui était doublement figée dans des vortex accessoires est remise en circulation dans le grand flux de l’élan vital.


Pour ce faire nous guidons l’attention du groupe de participants ou du patient, en ralentissant le mouvement conditionné de l’énergie pour dilater les espaces d’automatismes qui perpétuent l’illusion de souffrance, et faire ainsi émerger de nouvelles possibilités de compréhension, de ressenti et d’action. Se met alors en place un phénomène de pendulation, une alternance entre des phases d’expansion et des phases de contraction, à l’image de vagues qui au fur et à mesure de leur déferlement réorganisent ce qui était resté désorganisé et ramènent le système à sa connexion fondamentale à l’élan vital.


A un moment donné ce qui appartenait au passé retourne au passé, et la conscience libérée des identifications limitantes, et des jeux de rejet et de complaisance peut faire l’expérience authentique et intense de la vie, traverser les hauts et les bas de l’existence dans la connexion à la présence inconditionnelle de l’être.


C’est ce que nous nommons « Vivre le jeu de la Vie ! ».




YMLH

The meaning of spiritual education



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Tantra, such as number of dualist spiritual traditions, invites us to recognize and experience the absolute within the conditioned world: to look for the seeds of eternity in the short-lived fruit, joy in the time of affliction, love when there is fear, peace in the throes of the war… recognize the duality at the heart of the dual experience.


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If the intent of the knowledge of scientific, psychological, artistic, cultural, medical types… focuses on objects, of contingent forms – that these are techniques, concepts, or relational modes – and aim to communicate to stakeholders the tools enabling the development and growth of the person, spiritual education, for its part, proposes to exceed these identifications to recognize step by step what is real and what is illusion For more towards the lively perception of this ultimate reality which is the background of any conscious experience. If the transmission of objective knowledge aim, and it is respectable, to find answers to our questions and difficulties physical, emotional, mental, spiritual education, even if it can in a first time look similar to the following in its forms, leads gradually and invariably its recipients to call into question the very existence of the issue or problem.


The spiritual teaching is not intended to give a description of what would be this absolute or characteristics, masterful and peremptory manner. The description of this space is inaccessible to any formal reduction. Education aims to highlight, from the heart of this experience of contingency and darkness, the clouds that are shading, here and now, with the advent of the light of the Kingdom. Whatever its form, the spiritual Word is before all a performative discourse, a verb acting as and where it is stated, a word that carries with it a power immanent transformation and revelation, in its very essence, regardless of its content.


If there is a part of teaching which is based on conceptual materials, these have vocation not to feed attachment to an abstract and intellectual of the world design, but to concretely resolve existing mental barriers, inappropriate beliefs, erroneous interpretations. Education aims not to denigrate the temporal world, but to use its density even to point towards the ultimate recognition, embodied in words, techniques, in images, sounds…


Education will be all the more efficient it will be direct and simple, if this is admissible by the environment, because the ultimate reality is also one whose essence is the simplest, most obvious, most natural – complex forms being the prerogative of the complex of the dense material developments. This is the reason why, when the aspirant is ready to listen to him and not demand more to be fed entertainment addictive of secular life, quests relentless intensity and excitement that table ever encounters with the self, spiritual teaching resolves to pure silence.


Education is not transmitted through a person or a group, it is the ultimate reality that points to itself. If someone at one point identifies to what is simply a time function, missing this absolute, which is in essence rather than the void of form. This is the paradox of Awakening: just ultimate presence becomes absence, and the absence becomes presence. Buddha reflected it in these terms: "the form is empty, and the emptiness is form. »


There comes a point in the process where it is recognized that there is no particular teacher, since there is simply the relative perspective, at the forefront of the world of the forms, a theatre of shadows and lights on the stage which a multitude of puppets in interdependence play the game imposed by their role in the large living room. But since the eternal perspective, each part, even the most miniscule plays its perfectly arranged partition at all, taught in perfect harmony to the entire cosmos in a timeless relations, both totally free and historically conditioned set, exactly that every atom of matter, each structure and organization needs to receive at all. Everyone, as a singular and holographic undivided consciousness contraction is the teacher of his own world, his subjective world. Like us all night, became the hero of his dreamlike travels, we are all in this instant Messiah descended on Earth performing perfectly and since the first day of our birth the work of love and redemption of the cosmos. But we play to ignore this truth until this ignorance is necessary for the fulfilment even of this mission.


What then is the reason for education if everything is perfect everywhere and every moment?


The meaning of education is often misunderstood when it is considered in a sense utilitarian as an opportunity to develop a power to change something to what is, whether it is the character of the foreground (the ego which local consciousness is primarily identified) or world say outdoor (what local consciousness is primarily not identified). The meaning of spiritual transmission lies instead in its total absence of pretension to change anything whatsoever to reality. Instead, the authentic spiritual floor acts as a diluent which would gradually erase the shadows that constrain our ability to recognize perfection of existence, 'mine' and the ' joint World ", here and now. To the object that I contemplate, change nothing but widen the look of the subject until it comes to the world. The moment where I'm no longer "neither this, nor that" ('Neti neti' in sanskrit in the tradition of vedantic) is the recognition of the pure contemplation of what is. Judgments and thoughts dualisantes come over tinting pleasure/suffering, in good/bad experience but returning their status as an object, in an immaculate ocean of light and love – the ocean of original milk of the Tantric tradition.


We mention here an abstract perfection or intellectual, we refer to the experience significantly felt this perfection in all parts and at all levels of the body, quiet and continuous enjoyment who sings forever in the heart of every cell, every second, every cycle of inspiration and expires. It would be pointless to claim to the perfection of the world from a point of view simply mental and theoretical, if this is not recognized, lived as a complete experience at all levels of existence: the level of mental understanding, at the level of the emotional experience, at the level of sensory experience. It is not to proclaim the perfection of things, but of indiscreet look, directing attention to the veil which is interposed between it and the reality of the experience, first to comment, judgment and evaluation.


Since we are all one each for the subjective cosmos that we feel the teacher of the world, how so, from this point in the flow of historical time, can we testify to the underlying divine reality? Each tradition offers its metaphors, stories, technical, specific images… In which we subscribe through Nava-Tantra tends to focus on the integrative dimension of experience, i.e. to welcome in its midst all the conceptual, emotional and somatic perspective celebrating divine flavor. Just as bees do not visit the flowers for herself, we live on the nectar of experience, and our nature lies exactly in this nectar that escapes any seizure or formal reduction. The place where I am in my life, how can I as a person, as a unique perspective of the absolute itself testify, pointing the ultimate reality of God?


And there lies the paradox: we design e.g. saints as human beings who should be perfect, made, insensitive to all temptations and suffering of the world… But that is exactly the opposite. The saint is perfect not to the meaning where it would have changed what is its alleged imperfections; It is perfect to the extent that he no longer sees its packaging and limits as imperfections: its conditionnings and limitations are recognized as being the richness and the content of its mission of teaching.


The truth even my life mission is in what I want at this moment as my imperfection, my contingency, my mediocrity. Because that is exactly the place where I am confronted with clouds that I have not yet recognized as such and I detect the presence by the shadow that she plans on the subjective world that I perceive. My mission is precisely and simply to consciousness the veils that darken my appreciation of the Kingdom here and now. And in doing so, I become the saviour of this world.


So here's the question that everything everyone can ask: ' what are my own difficulties here and now, the veils of ignorance that make me consider that there is something to change in what presents itself in my experience shows? '' We could mention some of these shadows among the more commonly shared: "I need to be loved, recognized", "I have not the right to have needs", "I have to be strong, I do not have the right to be low», «I have no value, I am not worthy, I do not have the right to exist»,"I do not deserve", etc. All those figures that conditioning the joy of being alive to meet a specific need, to the confirmation of a story, an old memory, weave veils of ignorance which arise from inadequate identification to the form, i.e. part of the experience of the here and now – part who will yet at one time or another, that take a few seconds or thousand years dissipate as she appeared, like a mirage.


We are somehow each a face of God, a particular Angel come take care of a part of the Kingdom. The soul is the part of God in charge of taking care of the individual body, to protect, to serve him best, i.e. perfectly, since our resources are exactly the measure of our mission. We are not this body, we are the part of the spirit one which has the mission of loving and caring. But when this part of God forgets what she is and begins to identify with the organic body, she begins to feel trapped, limited, she feels the lack, fear of dying or getting sick, the disgust of the flesh and organs, etc. And instead of loving and caring, we begin to judge, assaulting or even, to battering which we came to take care. What I call my body is not disassociated from my environment, it is a subset of the whole in energy interdependence with the other sections at all levels. We are highly dependent on our environment, and it is also a reflection of what we internally. If I live in a world of conflict and intense emotions, and I suffer from, this speaks of my own conflicts and internal inflammation. Conversely if I do the subjective experience of a world of peace – and this has nothing to do with the peace objective: Etty Hillesum, Jacques Lusseyran, or Viktor Frankl, to cite them, made the experience of inner at the heart peace in the concentration camps.


Education can translate to different levels of density and identification, this does not always come from the sole Source. A nondual teaching Chan Buddhism for example may seem more concrete, pragmatic and landowner, as taught by a jnani of vedantic tradition, which is more abstract and conceptual, nature but also more efficient for those to which it should be. Each contender has his own talents and needs, this is the reason why some may spend their life with one master while others will need to combine different teachings. Others still simply will be taught by life, without that it does need to take the form of a master human. Education is always accessible when I grow me the full awareness of the experience, I remain in silence, and that I will not yield to the temptation to let me suck the vortex of the world of phenomena.


Working groups, training courses, seminars and retirement are privileged spaces to cultivate this continued presence on silence that resonates in the background of dualistic Symphony. The collective dimension of these sharing and exploration time strengthens protection against disruptive influences of a society whose related pathologies are only reflections reversed in our own areas of darkness. Tantra we invite you to experience the recognition, in the free play of life as it stands, without dogma or rule a priori. These groups also are an opportunity to experience and put into practice these teachings in a context of freedom psychological and body which is generally strongly méjugé in contemporary society. It is a path that is not suitable for everybody, which requires some capabilities, like each of the other possible routes, that they take to instead of exploring the world in its diversity, the monastic retirement security wild, or the sober aridity of an anachorese.


YMLH


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Le sens de l’enseignement spirituel



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Le Tantra, comme nombre de traditions spirituelles non-dualistes, nous invite à reconnaître et à faire l’expérience de l’Absolu au sein même du monde conditionné : à chercher le germe d’éternité dans le fruit éphémère, la joie au temps de l’affliction, l’amour lorsque règne la peur, la paix dans les affres de la guerre… reconnaître la non-dualité au cœur même de l’expérience duelle.


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Si la visée des savoirs de types scientifiques, psychologiques, artistiques, culturels, médicaux… porte sur des objets, des formes contingentes – que celles-ci soient des techniques, des concepts ou des modes relationnels – et ambitionnent de communiquer aux intéressés des outils permettant le développement et l’épanouissement de la personne, l’enseignement spirituel, pour sa part, se propose de dépasser ces identifications pour reconnaître pas à pas ce qui est réel et ce qui est illusion, pour progresser de plus en plus vers la perception vivante de cette réalité ultime qui constitue l’arrière-plan de toute expérience consciente. Si la transmission de savoirs objectifs visent, et c’est respectable, à trouver des réponses à nos questionnements et difficultés physiques, affectives, mentales, l’enseignement spirituel, même s’il peut dans un premier temps paraître semblable à celui-ci dans ses formes, amène progressivement et invariablement ses récipiendaires à mettre en cause l’existence même de la question ou du problème.


L’enseignement spirituel ne vise pas à donner une description de ce que serait cet Absolu ou ses caractéristiques, de manière magistrale et péremptoire. La description de cet espace est inaccessible à toute réduction formelle. L’enseignement vise à mettre en évidence, depuis le cœur même de cette expérience de contingence et d’obscurité, les nuées qui font ombrage, ici et maintenant, à l’avènement de la lumière du Royaume. Quelle que soit sa forme, la parole spirituelle est donc avant tout un discours performatif, un verbe agissant au fur et à mesure où il est énoncé, une parole qui porte en elle une puissance immanente de transformation et de révélation, dans son essence même, indépendamment de son contenu.


S’il y a une part d’enseignement qui se fonde sur des matériaux conceptuels, ceux-ci ont vocation non pas à nourrir l’attachement à une conception abstraite et intellectuelle du monde, mais à dénouer très concrètement des obstacles mentaux existants, des croyances inadéquates, des interprétations erronées. L’enseignement a vocation non pas à dénigrer le monde temporel, mais à utiliser sa densité même pour pointer vers la reconnaissance de l’ultime, qu’il s’incarne en mots, en techniques, en images, en sons…


L’enseignement sera d’autant plus efficient qu’il sera direct et simple, si cela est recevable par l’environnement, car la réalité ultime est également celle dont l’essence est la plus simple, la plus évidente, la plus naturelle – les formes complexes étant l’apanage des développements complexes de la matière dense. C’est la raison pour laquelle, lorsque l’aspirant est prêt à l’écouter et ne demande plus à être nourri des distractions addictives de la vie profane, des quêtes incessantes d’intensité et d’excitation qui ajournent sans cesse la rencontre avec le Soi, l’enseignement spirituel se résout en pur silence.


L’enseignement ne se transmet pas par le biais d’une personne ou d’un groupe, c’est la réalité ultime même qui pointe vers elle-même. Si quelqu’un à un moment donné s’identifie à ce qui n’est qu’une fonction temporelle, il manque cet absolu, qui est par essence le lieu du vide de forme. C’est le paradoxe de l’éveil : à l’instant ultime, la présence devient absence, et l’absence devient présence. Le Bouddha le traduisait en ces termes : « La forme est vide, et le vide est forme. »


Il arrive un moment dans ce cheminement où il est reconnu qu’il n’existe aucun enseignant particulier, il y a simplement depuis la perspective relative, à l’avant-plan du monde des formes, un théâtre d’ombres et de lumières sur la scène duquel une multitude de pantins en interdépendance jouent le jeu imposé par leur rôle dans la grande pièce de la vie. Mais depuis la perspective éternelle, chaque partie, même la plus infime joue sa partition parfaitement agencée à la totalité, enseigne dans la plus parfaite harmonie au cosmos tout entier, dans un jeu de relations atemporels, à la fois totalement libre et historiquement conditionné, exactement ce que chaque atome de matière, chaque structure et organisme a besoin de recevoir du Tout. Chacun, en tant que contraction singulière et holographique de la conscience indivisée est l’enseignant de son propre monde, de son univers subjectif. Tout comme chacun d’entre nous la nuit venue, devient le héros de ses pérégrinations oniriques, nous sommes tous en cet instant le messie descendu sur la Terre accomplissant parfaitement et depuis le premier jour de notre naissance l’œuvre d’amour et de rédemption du cosmos. Mais nous jouons à ignorer cette vérité tant que cette ignorance est nécessaire à l’accomplissement même de cette mission.


Quelle est alors la raison d’être de l’enseignement si tout est parfait partout et à chaque instant ?


Le sens de l’enseignement est souvent mal compris lorsqu’il est considéré dans une acception utilitariste comme une opportunité de développer un pouvoir de changer quelque chose à ce qui est, qu’il s’agisse du personnage de l’avant-plan (l’ego auquel la conscience locale est prioritairement identifiée) ou du monde dit extérieur (ce à quoi la conscience locale n’est prioritairement pas identifiée). Le sens de la transmission spirituelle réside au contraire dans sa totale absence de prétention à vouloir changer quoi que ce soit à la réalité. Au contraire, la parole spirituelle authentique agit comme un diluant qui viendrait progressivement effacer les ombres qui brident notre capacité à reconnaître la perfection de l’existence, la « mienne » et celle du « monde conjoint », ici et maintenant. Ne rien changer à l’objet que je contemple, mais élargir le regard du sujet jusqu’à ce que celui-ci en vienne à déborder le monde. L’instant où je ne suis plus « Ni ceci, ni cela » (« Neti neti » en sanskrit dans la tradition vedantique) est celui de la reconnaissance de la pure contemplation de tout ce qui est. Les jugements et pensées dualisantes ne viennent plus teinter l’expérience en plaisir/souffrance, en bien/mal mais réintègrent leur statut d’objet, dans un océan immaculé de lumière et d’amour – l’océan de lait originel de la tradition tantrique.


Nous n’évoquons pas ici une perfection abstraite ou intellectuelle, nous faisons référence à l’expérience sensiblement ressentie de cette perfection dans toutes les parties et à tous les niveaux du corps, une jouissance tranquille et continue qui chante éternellement au cœur de chaque cellule, à chaque seconde, à chaque cycle d’inspire et d’expire. Il serait vain de prétendre à la perfection du monde d’un point de vue simplement mental et théorique, si cela n’est pas reconnu, vécu comme une expérience complète à tous les niveaux de l’existence : au niveau de la compréhension mentale, au niveau du vécu affectif, au niveau de l’expérience sensorielle. Il ne s’agit pas de proclamer la perfection des choses, mais de dessiller le regard, de diriger l’attention sur le voile qui s’interpose entre celui-ci et la réalité de l’expérience, préalablement à tout commentaire, jugement et évaluation.


Puisque nous sommes tout un chacun pour le cosmos subjectif que nous éprouvons l’enseignant du monde, comment alors, depuis ce point dans le flux du temps historique, pouvons-nous témoigner de la réalité divine sous-jacente ? Chaque tradition propose ses métaphores, histoires, techniques, images spécifiques… Celle dans laquelle nous nous inscrivons à travers le Nava-Tantra tend à mettre l’accent sur la dimension intégrative de l’expérience, c’est à dire à accueillir en son sein toutes les perspectives conceptuelles, affectives et somatiques pour en célébrer la divine saveur. Tout comme les abeilles ne butinent pas les fleurs pour elle-même, nous vivons du nectar de l’expérience, et notre nature réside exactement en ce nectar qui échappe à toute saisie ou réduction formelle. De l’endroit où je suis dans ma vie, comment puis je en tant que personne, en tant que perspective singulière de l’Absolu sur Lui-même témoigner, pointer vers la réalité ultime de Dieu ?


Et c’est là que réside le paradoxe : nous concevons par exemple les saints comme des êtres qui devraient être parfaits, réalisés, insensibles à toutes les tentations et souffrances du monde… Mais c’est exactement l’inverse. Le saint est parfait non pas au sens où il aurait changé quoi que soit de ses prétendues imperfections ; il est parfait dans la mesure où il ne voit plus ses conditionnements et limites comme imperfections : ses conditionnements et limitations sont reconnues comme étant la richesse et la teneur même de sa mission d’enseignement.


La vérité même de ma mission de vie est dans ce que je tiens en cet instant comme mon imperfection, ma contingence, ma médiocrité. Car c’est exactement le lieu où je suis confronté à des nuées que je n’ai pas encore reconnues comme telles et dont je ne décèle la présence que par l’ombre portée qu’elle projette sur le monde subjectif que je perçois. Ma mission est précisément et simplement de mettre en conscience les voiles qui obscurcissent ici et maintenant ma reconnaissance du Royaume. Et ce faisant, je deviens le Sauveur de ce monde.


Voici alors la question que tout à chacun peut se poser : « Quelles sont mes difficultés propres ici et maintenant, les voiles d’ignorance qui me font considérer qu’il y aurait quelque chose à changer dans ce qui se présente dans mon expérience présente ? » Nous pourrions citer quelques-unes de ces ombres parmi les plus communément partagées : « j’ai besoin d’être aimé, reconnu », « je n’ai pas le droit d’avoir des besoins », « je dois être fort, je n’ai pas le droit d’être faible », « je n’ai pas de valeur, je ne suis pas digne, je n’ai pas le droit d’exister », « je ne mérite pas », etc. Toutes ces figures qui conditionnement la joie d’être en vie à la satisfaction d’un besoin spécifique, à la confirmation d’une histoire, d’une mémoire ancienne, tissent des voiles d’ignorance qui relèvent d’une identification inadéquate à la forme, c’est-à-dire à une partie de l’expérience de l’ici et maintenant – partie qui va pourtant à un moment ou un autre, que cela prenne quelques secondes ou mille ans, se dissiper comme elle est apparue, tel un mirage.


Nous sommes en quelque sorte chacun un visage de dieu, un ange particulier venu prendre soin d’une partie du Royaume. L’âme est la partie de Dieu en charge de prendre soin de ce corps particulier, de le protéger, de le servir au mieux, c’est-à-dire parfaitement, puisque nos moyens sont exactement à la mesure de notre mission. Nous ne sommes pas ce corps, nous sommes la partie de l’Esprit Un qui a la mission de l’aimer et d’en prendre soin. Mais lorsque cette partie de Dieu oublie ce qu’elle est et commence à s’identifier au corps organique, elle commence à se sentir enfermée, limitée , elle ressent le manque, la peur de mourir ou de tomber malade, le dégout des chairs et des organes, etc. Et au lieu de l’aimer et d’en prendre soin, nous commençons à juger, à violenter voire à martyriser ce dont nous étions venus prendre soin. Ce que j’appelle mon corps n’est pas dissocié de mon environnement, c’est une sous-partie de la totalité en interdépendance énergétique avec les autres sous-parties à tous les niveaux. Nous sommes éminemment dépendant de notre environnement, et celui-ci est également un reflet de ce que nous sommes intérieurement. Si je vis dans un monde de conflits et d’émotions intenses et que j’en souffre, cela parle de mes propres conflits et inflammations intérieures. A contrario si je fais l’expérience subjective d’un monde de paix – et cela n’a rien à voir avec la paix objective : Etty Hillesum, Jacques Lusseyran, ou Viktor Frankl, pour ne citer qu’eux, on fait l’expérience de la paix intérieure au cœur même des camps de concentration.


L’enseignement peut se traduire à différents niveaux de densité et d’identification, cela ne l’empêche pas de provenir toujours de la Source unique. Un enseignement non-dualiste du bouddhisme Chan pourra par exemple paraître plus concret, plus pragmatique et terrien, que celui dispensé par un jnani de la tradition vedantique, qui lui sera de nature plus abstraite et conceptuelle, mais également plus efficace pour ceux auxquels il conviendra. Chaque aspirant possède ses besoins et talents propres, c’est la raison pour laquelle certains peuvent passer leur vie avec un seul maître tandis que d’autres auront besoin de combiner différents enseignements. D’autres encore se laisseront simplement enseigner par la vie, sans que celle-ci n’ait besoin de prendre la forme d’un maître humain. L’enseignement est toujours accessible du moment que je me cultive la pleine conscience de l’expérience, que je demeure dans le silence, et que je ne cède pas à la tentation de me laisser aspirer par les vortex du monde des phénomènes.


Les groupes de travail, les temps de stages, de séminaires et de retraite constituent des espaces privilégiés pour cultiver cette présence continue au silence qui résonne à l’arrière-plan de la symphonie dualiste. La dimension collective de ces temps de partage et d’exploration renforce la protection contre les influences extérieures perturbatrices d’une société dont les pathologies apparentes ne sont que les reflets inversés de nos propres zones d’obscurité. Le tantra nous invite à faire l’expérience de la reconnaissance, dans le libre jeu de la vie telle qu’elle se présente, sans dogme ou règle a priori. Ces groupes sont donc aussi l’occasion d’éprouver et de mettre en pratique ces enseignements dans un contexte de liberté psychologique et corporelle qui est en général fortement méjugé dans la société contemporaine. C’est une voie qui ne convient pas à tout le monde, qui demande certaines capacités, comme chacune des autres voies possibles, qu’elles prennent pour lieu d’exploration le monde dans sa sauvage diversité, la sécurité de la retraite monastique, ou la sobre aridité d’une anachorèse.


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Spandakarika: the song of the shiver



Spanda

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The Kashmiri shaivite school the Spanda or vibration is to Vasugupta founder who lived in the first half of the ninth century. The Spandakarika, or singing of trembling, is one of the essential of the revealed directly, Tantric Kashmir Shaivism texts in a dream to Vasugupta by Shiva. This song exposes the essence of Tantra in 52 stanzas. Ksemaraja, a master of the tradition says that this song of the thrill is the presentation of Mahamudra, often translated by "the great seal" and the Kashmiri people as "the great cosmic movement". Abhinavagupta, philosopher and Tantric master of the eleventh century, pays him homage in the Tantraloka.


This yoga seems to have been the form that preceded hatha yoga. Its simplicity even actually its difficulty. Masters the oldest tradition came to the conclusion that everything was movement in the universe. They saw everything, including material, as consciousness and invented a yoga to the measurement of this achievement.


"The Sivasutra belong to the school of the Spanda, founded by Vasugupta; they are the cornerstone. The originality of this school comes to the spanda; Vasugupta was indeed the first to appoint spanda free power that enlightens, gives life and movement to everything that exists. Spandatattva, ultimate reality as vibration is the universal consciousness: consciousness both Act and rest, a rest that ever she left, an act that never falters and which, Furthermore, flourishes. […]"(In Liliane Silburn in: Sivasutra and Vimarsini of Ksemaraja)"




1. We offer our praise to the Lord, source of the glorious deployment of the wheel of energy, to him who by opening and closing the eyes disappear and appear the universe.


2. What remains about it created, in this whence he emerges, this obstacle not nowhere, since, due to its essence, nothing can obscure it.


3. Although this (spanda) spread in separate sleep, sleep and other States, which are in fact non-distinct from him, it is deserted never its own nature of subject that perceives.


4. It is obvious that forms of consciousness "I'm happy, I'm unhappy, I'm attached" have their whirling existence on the other hand, there where is hatched frame which connects the States of happiness and other.


5. There where there is neither pain nor pleasure, noticeable thing, collecting agent or insensitivity, the lies that exists in the supreme sense.


6-7. The reality from which it has deployment, maintenance, and resorption of bodies all associated to the internalized wheel of energy – together who, unconscious, behaves as if he were conscious self – such a reality should be carefully scrutinized with zeal and respect, she whose autonomy is innate and universally prevalent.


8. This is certainly not to the incitement of the sting of his own desire that human acts, it is only through his contact with the power of the self that he identified with him.


9. As soon as calms restlessness that which rendered powerless by the impurity that is clean, aspire to tasks, then the supreme State turns.


10. Reveals himself to him, indeed, its nature without artifice that characterize the omniscience and omnipotence; there and he knows and he made everything he desires.


11. From where comes the miserable stream for which remains as hit wonder when he contemplates his own nature of Sustainer asset?


12. Non-being is not the object of mystical experience, but in this State there is no immunity because it is subsequently referred with the certainty that "this has existed.


13. It known as shadow is still comparable to the State of deep sleep. But it is not the same reality which cannot be object of memory.


14. Agent and action expressions, means here two States of the spanda. The action is perishable, but the agent is imperishable.


15. Only the effort that goes to the Act to be done is here destroyed. This effort being wiped out, the unawakened imagines that it, too, wiped out.


16. With respect to the modality internalized, interior of the qualities of omniscience, etc. it can never be annihilated on the pretext that there is no perception of "other".


17. The perfectly awake a perception uninterrupted this vibrant reality always in the three States, while the other is only at the beginning and at the end of these States.


18. The Omnipenetrant, indissolubly United to its supreme energy shines in both States (dream and sleep) aspects of knowledge and knowable. On the other hand, it is the consciousness even.


19. The emanations of the vibration special, starting with the qualities, which cover their essence thanks to the generic vibration that they are taking to support cease forever to divert the path who knows.


20. But these specific emanations, still scrambling to conceal their own seat, rushing those whose intelligence is not awake in the terrifying whirlwind of transmigration to which it is so hard to escape.


21. Accordingly, one who is always keen to discern the vibrant reality access without delay to the innate nature, even if it is in standby state.


22. At the peak of the furor, elated or scared and more knowing what to do, or still running breathlessly to save his life, a yogin reached the area where the spanda is well established.


23. Having firmly taken the spanda for support, it is settled, resolved to necessarily do what it will dictate.


24. Taking rest, the inspired and expired breath leaving the area of the egg of Brahma (the world) are absorbed in the middle way depending on an ascending path.


25. While this great ether where Sun and moon dissolve, the yogin to the confused mind falls into a sort of dreamless sleep while the awakened has more no sail.


26. When they took power, the mantra, with the power of the Knower, perform their functions as do sensory organs of humans gifted body.


27. And even there, immaculate, quiescients, they gobble up, United at the thought of the worshiper. they are the nature of Shiva.


28-29. Since the individual is identical at all because it is the source of all things and in a consciousness that he recognizes this (28) identity, there so as Word, meaning, thought, point state that is Shiva; It is the subject who enjoys and which always and everywhere is held under the aspect of what he enjoys.


30. Or as one who holds this knowledge (that everything is Shiva) and which, constantly vigilant, perceives the entire universe as a game, is one issued living, no doubt this.


31. This even is the appearance of what is contemplated in the heart which contemplates; for the faithful to the yearning in unison is identification with what is contemplated.


32. This even is the acquisition of Ambrosia, even is the seizure of the supreme self, even is the introduction to the nirvana that gives the real nature of Shiva.


33. As well as during the sleep state, making emerge Sun and moon, Shiva which supports the universe, eagerly sought, grants the satisfaction of desires rooted in their hearts to human beings equipped with a body.


34. Similarly during the dream, standing at the junction, the le Seigneur Lord reveals without a doubt, still more clearly the things that aspire one whose never keeps the attitude of love.


35. Otherwise, the free emanation, by its nature, will continue to the course of the two States of sleep and dream is perpetually playing the yogin as of the ordinary man.


36. In truth as an object that is not distinctly seen despite the attention that thought him ready, becomes more and more distinct when examined with the pressure exerted by his own power,


37. Similarly from the supreme point of view, regardless of the form, place or the State, the thing comes without delay to the yogin who seizes the power of the spanda.


38. Once it seized power, it performs same duties exhausted and, although that very hungry, it also soothes his hunger.


39. If, in the body which takes to support this vibrant reality, omniscience and other powers, similarly, taking to support his own self, it is everywhere that one will become such (omniscient).


40. The indolence, the abductor, rampant in the body; its spread is due to ignorance. If it is "delighted" under the influence of the Enlightenment, how this indolence would remain then, when its cause is no longer?


41. At the one who devotes himself to a single thought, which is 'other', here is what must be recognized as cosmic awakening. But we experience it by yourself.


42. From there proceed immediately and light, sound and form, and supernatural taste, causing agitation in the be bound to the body.


43. One who remains motionless, spreading awareness in all things as at the moment where there is a desire to see, then… but what good say more, he experienced it by itself.


44. It remains still wide-awake collecting the sensory domain by using knowledge, that he erected all things in one place, and nothing will torment.


45. Despite its true nature, its glory to being thrilled by his activity limited, and himself being reduced to the State of object which enjoys all the energies derived from the multitude of sounds, it is called be enslaved.


46. The irruption of the reactions, it is for him the loss of flavor of the supreme Ambrosia; Accordingly, it is reduced to the State of dependency and this irruption is to field the subtle elements.


47. And for him these energies are always eager to obscure its essence because the reactions would not arise if they were not closely related to the words.


48. This Shiva energy generating the activity to form servitude when she lies in being enslaved, but recognized as the road giving access to the self, it is she who gives the liberating perfection.


49. Hampered by the eightfold from fortress of subtle and thought with elements, agent of individuation, discriminatory intelligence, dependent being is subject to experiments due to reactions which proceed from this fortress.


50. As a result he wanders. Examine therefore the cause able to eliminate this passage of existence in existence for him.


51. But when it is rooted in one place (spanda), then controlling appearance and dissolution of this subtle body, it accesses the subject State experimenting and it becomes the ruler of the wheel of energy.


52. I pay tribute to this wonderful 'word' from the master to the extraordinary sense, boat making cross the unfathomable ocean of doubt.




From: Spandakarika (Trad. Lilian Silburn)


Bibliography:
-Sivasutra (of Vasugupta) and Vimarsini of Ksemaraja. Translations and notes by Lilian Silburn. Ed. De Boccard, Institute of civilization Indian (Fasc. 47), 1980-2000
-Spandakarika, stanzas on the vibration of Vasagupta and their glosses (Bhatta Kallata, Ksemaraja, Utpalacaria, Somanada). Translations and notes by Lilian Silburn. Ed. De Boccard, Institute of civilization Indian (Fasc. 58), 1990-2004.

Spandakarika : le Chant du Frémissement



Spanda

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L’école shivaïte cachemirienne du Spanda ou de la vibration a pour fondateur Vasugupta qui vivait dans la première moitié du IXème siècle. Le Spandakarika, ou Chant du Frémissement, est l’un des textes essentiels du shivaïsme tantrique du Cachemire, révélé directement en rêve à Vasugupta par Shiva. Ce chant expose l’essence des Tantra en 52 stances. Ksemarâja, un maître important de la tradition souligne que ce chant du frémissement est l’exposé du Mahâmudra, souvent traduit par « le Grand Sceau » et par les Cachemiriens par « le Grand Mouvement Cosmique ». Abhinavagupta, philosophe et maître tantrique du XIème siècle, lui rend hommage dans le Tantraloka.


Ce yoga semble avoir été la forme qui a précédé le hatha yoga. Sa simplicité même en fait sa difficulté. Les maîtres les plus anciens de la tradition étaient arrivés à la conclusion que tout était mouvement dans l’univers. Ils voyaient toute chose, matière comprise, comme conscience et ont inventé un yoga à la mesure de cette réalisation.


“Les Sivasutra appartiennent à l’école du Spanda, fondée par Vasugupta; ils en constituent la pierre angulaire. L’originalité de cette école tient au spanda; Vasugupta fut en effet le premier à nommer spanda la libre puissance qui éclaire, donne vie et mouvement à tout ce qui existe. Le spandatattva, Réalité ultime en tant que vibration est la Conscience universelle : une Conscience à la fois en acte et en repos, un repos que jamais elle ne quitte, un acte qui jamais ne défaille et qui, en outre, s’épanouit. […]” (In Liliane Silburn dans : Sivasutra et Vimarsini de Ksemaraja)




1. Nous offrons nos louanges à ce Seigneur, source du glorieux déploiement de la Roue des énergies, à Lui qui en ouvrant et en fermant les yeux fait disparaître et apparaître l’univers.


2. À ce en quoi demeure tout ce créé, à ce d’où il émerge, à cela aucun obstacle nulle part, puisque, en raison de son essence, rien ne peut le voiler.


3. Bien que ce (spanda) se répande en états distincts de veille, de sommeil et autres, qui sont en réalité non distincts de lui, il ne déserte jamais sa propre nature de sujet qui perçoit.


4. Il est évident que les formes de conscience «je suis heureux, je suis malheureux, je suis attaché» ont leur tourbillonnante existence autre part, là où est ourdie la trame qui relie les états de bonheur et autres.


5. Là où il n’y a ni douleur, ni plaisir, ni chose perceptible, ni agent percevant, ni insensibilité non plus, la réside ce qui existe au sens suprême.


6-7. La Réalité à partir de laquelle il y a déploiement, maintien et résorption de l’ensemble des organes associés à la Roue intériorisée des énergies —ensemble qui, inconscient, se comporte comme s’il était conscient par soi-même— une telle Réalité doit être scrutée avec zèle et respect, elle dont l’autonomie est innée et universellement répandue.


8. Ce n’est certes pas à l’incitation de l’aiguillon de son propre désir que l’homme agit, c’est uniquement grâce à son contact avec la puissance du Soi qu’il s’identifie à Lui.


9. Dès que s’apaise l’agitation de celui qui, rendu impuissant par l’impureté qui lui est propre, aspire à des tâches, alors l’état suprême se révèle.


10. Se révèle à lui, en effet, sa nature sans artifice que caractérisent l’omniscience et l’omnipotence; par là et il connaît et il fait tout ce qu’il désire.


11. D’où le misérable flux proviendrait-il pour qui demeure comme frappé d’émerveillement lorsqu’il contemple sa propre nature de sustentateur actif ?


12. Le non-être n’est pas l’objet d’expérience mystique mais en cet état il n’y a pas non plus insensibilité étant donné qu’on y réfère par la suite avec la certitude que «ceci a existé».


13. C’est pourquoi celui-ci connu comme fictif est toujours comparable à l’état de sommeil profond. Mais il n’en est pas de même de la Réalité qui, elle, ne peut être objet de souvenir.


14. Par les expressions agent et action, on désigne ici deux états de ce spanda. L’action est périssable, mais l’agent est impérissable.


15. Seul l’effort qui se dirige vers l’acte à accomplir est ici anéanti. Cet effort étant anéanti, le non-éveillé s’imagine qu’il est, lui aussi, anéanti.


16. Quant à la modalité intériorisée, habitacle des qualités d’omniscience, etc… elle ne peut jamais être anéantie sous le prétexte qu’il n’y a pas de perception de «l’autre».


17. Le parfaitement éveillé a la perception ininterrompue de cette vibrante Réalité toujours dans les trois états, tandis que l’autre ne l’a qu’au commencement et à la fin de ces états.


18. L’Omnipénétrant, indissolublement uni à sa suprême énergie, resplendit dans les deux états (rêve et veille) sous les aspects de connaissance et de connaissable. Autre part, il est la conscience même.


19. Les émanations des vibrations particulières, à commencer par les qualités, qui recouvrent leur essence grâce à la vibration générique qu’elles prennent pour support, cessent à jamais de détourner du chemin celui qui sait.


20. Mais ces émanations particulières, toujours empressées à dissimuler leur propre assise, précipitent ceux dont l’intelligence est mal éveillée dans l’effroyable tourbillon de la transmigration auquel il est si difficile d’échapper.


21. En conséquence, celui qui est toujours ardent à discerner la Réalité vibrante accède sans délai à la nature innée, même s’il se trouve à l’état de veille.


22. Au comble de la furie, ou transporté de joie, ou épouvanté et ne sachant plus que faire, ou encore courant à perdre haleine pour sauver sa vie, un yogin atteint le domaine où le spanda est bien établi.


23. Ayant fermement pris pour appui ce spanda, on s’y établit, résolu à faire nécessairement tout ce qu’il dictera.


24. Y prenant repos, le souffle inspiré et le souffle expiré ayant quitté le domaine de l’œuf de Brahma (le monde) s’absorbent dans la voie médiane selon un cheminement ascendant.


25. Alors en ce grand éther où lune et soleil se dissolvent, le yogin à l’esprit confus tombe dans une sorte de sommeil sans rêve tandis que l’éveillé n’ a plus aucun voile.


26. Quand ils se sont emparés de cette puissance, les mantra, pourvus de la puissance de l’Omniscient, remplissent leurs fonctions comme le font les organes sensoriels des êtres doués de corps.


27. Et là même, immaculés, quiescients, ils s’engloutissent, unis à la pensée de l’adorateur; ils sont alors de la nature de Shiva.


28-29. Puisque l’individu est identique à tout car il est la source de toutes les choses et en a conscience du fait qu’il reconnaît cette identité (28), il n’y a donc, quant à parole, sens, pensée, point d’état qui ne soit Shiva; c’est le Sujet qui jouit et lui seul qui toujours et partout se tient sous l’aspect de ce dont il jouit.


30. Ou aussi celui qui détient cette Connaissance (que tout est Shiva) et qui, constamment vigilant, perçoit l’univers entier comme un jeu, est un délivré vivant, aucun doute à cela.


31. Ceci même est l’apparition de ce qui est contemplé dans le cœur de qui contemple; pour le fidèle au désir ardent, la mise à l’unisson est identification à ce qui est contemplé.


32. Ceci même est l’acquisition de l’ambroisie, ceci même est la saisie du Soi suprême, ceci même est l’initiation au nirvâna qui confère la réelle nature de Shiva.


33. De même que pendant l’état de veille, en faisant surgir soleil et lune, Shiva qui soutient l’univers, ardemment sollicité, accorde la satisfaction des désirs enracinés dans leur cœur aux êtres pourvus d’un corps.


34. De même durant le rêve, en se tenant à la jonction, le Seigneur révèle sans aucun doute, toujours plus clairement, les choses auxquelles aspire celui dont jamais ne cesse l’attitude d’amour.


35. Sinon, la libre émanation, selon sa nature, continuera au cours des deux états de veille et de rêve à se jouer perpétuellement du yogin comme de l’homme ordinaire.


36. En vérité tout comme un objet qui n’est pas distinctement perçu en dépit de l’attention que la pensée lui prête, devient de plus en plus distinct quand on l’examine avec l’effort exercé par sa propre puissance,


37. De même du point de vue suprême, quels que soient la forme, le lieu ou l’état, la chose se présente sans délai de cette manière au yogin qui s’empare de cette puissance du spanda.


38. Dès qu’on s’est emparé de cette puissance, on accomplit ses tâches même épuisé et, bien que très affamé, on apaise également sa faim.


39. Si, dans le corps qui prend pour appui cette vibrante Réalité, apparaissent l’omniscience et d’autres pouvoirs, de même, en prenant pour soutien son propre Soi, c’est partout que l’on deviendra tel (omniscient).


40. L’indolence, la ravisseuse, sévit dans le corps; sa propagation est due à l’ignorance. Si celle-ci est «ravie» sous l’effet de l’Éveil, comment cette indolence subsisterait-elle alors, quand sa cause n’est plus?


41. Chez celui qui s’adonne à une seule pensée, ce dont surgit «l’autre», voici ce qui doit être reconnu comme Éveil cosmique. Mais qu’on l’éprouve par soi-même.


42. De là procèdent immédiatement et lumière, et son, et forme, et goût surnaturels, causant de l’agitation chez l’être lié au corps.


43. Celui qui demeure immobile, diffusant la Conscience en toute chose comme au moment où l’on a le désir de voir, alors… mais à quoi bon en dire davantage, il l’éprouvera par lui-même.


44. Qu’il demeure toujours bien éveillé tout en percevant le domaine sensoriel à l’aide de la connaissance, qu’il érige toute chose en un seul lieu, et plus rien ne le tourmentera.


45. En dépit de sa véritable nature, sa gloire lui étant ravie par son activité limitée, et lui-même étant réduit à l’état d’objet dont jouit l’ensemble des énergies issues de la multitude des sons, on le nomme être asservi.


46. L’irruption des réactions, c’est pour lui la perte de la saveur de la suprême ambroisie; en conséquence, il est réduit à l’état de dépendance et cette irruption a pour domaine les éléments subtils.


47. Et pour lui ces énergies sont toujours empressées à voiler son essence car les réactions ne surgiraient pas si elles n’étaient pas intimement liées aux mots.


48. Cette énergie de Shiva qui a l’activité pour forme engendre la servitude quand elle réside dans l’être asservi, mais, reconnue comme la voie donnant accès au Soi, c’est elle qui confère la perfection libératrice.


49. Entravé par l’octuple forteresse issue des éléments subtils et pourvue de pensée, d’agent d’individuation, d’intelligence discriminatrice, l’être dépendant est soumis à des expériences dues à des réactions qui procèdent de cette forteresse.


50. En conséquence il transmigre. Examinons donc la cause apte à éliminer pour lui ce passage d’existence en existence.


51. Mais quand il s’enracine en un seul lieu (le spanda), alors contrôlant apparition et dissolution de ce corps subtil, il accède à l’état de sujet qui expérimente et il devient le Souverain de la Roue des Énergies.


52. Je rends hommage à cette merveilleuse «parole» du maître au sens extraordinaire, barque qui fait traverser l’insondable océan du doute.




Extrait de : Spandakarika (trad. Lilian Silburn)


Bibliographie :
– Sivasutra (de Vasugupta) et Vimarsini de Ksemaraja. Traductions et notes de Lilian Silburn. Ed. De Boccard, Institut de Civilisation Indienne, (Fasc. 47), 1980-2000
– Spandakarika, Stances sur la vibration de Vasagupta et leurs gloses (Bhatta Kallata, Ksemaraja, Utpalacaria, Somanada). Traductions et notes de Lilian Silburn. Ed. De Boccard, Institut de Civilisation Indienne, (Fasc. 58), 1990-2004.

Be in this world without being of the world: the celebration of desire in the Tantric vision



metaphysical-spiritual-light-codes-of-individualized-oneness

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Advaita Vedanta is the most elitist of the Indian schools of non-duality. This tradition invite to remain permanently focus on the self which is the experience of the moment. This is a very radical teaching that deals only with the plan of the unconditioned. No evocation in the Upanishads on emotions and the problems of everyday life… The advaitin master is the one who shines in its own absence. Nothing else to achieve that this contemplation of the Source from which all forms emerge before are disappearing again. It is also the prospect that offers the most refined expression of the nondual tantra of Kashmir, the way of Shiva:


"Here, no need for spiritual progress, contemplation or skill speech, no surveys, no need to concentrate to meditate, or to practice the marmonnees prayers. What is, tell me, absolutely certain ultimate reality? Listen to this: don't take neither leaves nothing and, as you are, fortunately enjoy everything. »


Abhinavagupta, eight stanzas on the Incomparable


Rituals, meditations, prayers, and techniques are useless for those who naturally knows surrendering to what is, without leaving its Center, i.e. without identifying with objects which appear and disappear in the field of consciousness.


If I have the ability to stay focused on the self, I have need of nothing else than this invitation to contemplation of what I am.


But when ego difficulties meeting, confronts the fear and suffering, most of us tend to leave this space of contemplation and loses itself in the object. For those whose experience is so reactive and stretched towards the identification, encounter difficulty to abandon themselves, to drop taken, ritualized structures and meditations can represent a significant help. These proposals of structures are all aimed at opening the field of experience, to create a de-identification with phenomenal forms, they are sensitive, emotional or mental in nature. This is where the vision of Tantra which then invites us to simplicity, to recognize that we are perpetually in the reaction, contention, packaging… no need to realize anything, no path to enlightenment… The world is celebrating even the absolute through packaged and ephemeral of the Maya.


Tantra is a more inclusive than Advaita, insofar as it incorporates the desire and all levels of being in the future, instead of exclusively targeting the recognition of what we are ultimately. It invites to celebrate the shape of desire whatever it is, that it points towards the absolute or conditioned world. Each shape that emerges in the stream of consciousness is manifestation of the divine momentum in its most pure perfection. All desire to do nothing excluded, live on the bottom of non-duality duality: such is the Tantric invitation.


Life is the expression of the truth from moment to moment. Nothing to add, nothing to remove. Nothing to do, nothing to help make. Just contemplate and celebrate participation of the part to the whole. The movement even of desire to a projected object, that it either concrete or abstract (happiness, love, freedom, recognition, knowledge, wealth…) is the celebration of the object.


If each momentum in the world of forms is a question that arises the absolute itself, the answer, forever unknowable, as the term an asymptote, is paradoxically always the source of the issue.


Life is perpetuated phenomena in phenomena.


Any seizure of a response is freezing, deferment of experience, denial of the incessant movement of creation and dissipation of images that cross me.


Every existence is the celebration of the blind spot around which it orbit: this focal point is the seed of desire for this particular existence in which consciousness has come to focus to live the intensity, both in pleasure and in pain.


I'm never looking anything that this unit space where I recognize myself as the Source, but infinitely singular thread followed by each expression of the spirit is the history of the recognition of a unique quality of consciousness.


At first glance what is sought is impersonal, abstract, an image like freedom, happiness, love, etc. But as where this expression recognizes in its completed form, it becomes event and celebration of his absence.


I turn my gaze to the self by welcoming the entire horizon of experience in my perceptual field, and I back in the heart of the form by focusing my conscience in the stream of personal desire, extension in the original desire to be densified light. In absolute terms, there is nothing, there has never been of creation or dissolution, and even the concept of love or unit is wrong.


I am already what I want most in the world, in its most singular expression. If I'm looking for the beauty, truth, freedom… which I believe to be lacking, my entire life is celebration of beauty, truth, freedom of mind. If I search the recognition, my entire life is celebration of the infinite value and unparalleled of each unit in the world that I am. If I'm looking for justice: my life is celebration of justice, another dimension of truth. If I'm looking for violence, war and destruction, my life is celebration of violence, war and destruction of forms, another face of the absolute (Shiva Nataraja).


The focal point of consciousness from which seems to originate from the world is at the moment the exact expression of the desire that springs from God.


There is no manifestation of the life that is closer than any other of the one truth, and immutable: everything is perfectly in its place and has the same value as any other form: as in a dream which I not reconnaitrais not the nature of unreality, I paradoxically more value to certain illusions than lend to others. It is the biased perspective – identified with a particular actor in the scene that takes place here and now – which secondarily generates a hierarchy of forms and values: so many looks and different judgements and views of people.


When this is finally acknowledged, we realize that we have never been the researcher, we are what was searched for. My search for an object is celebration of this object, regardless of whether the person gets satisfaction.


There is no individual lessons, nothing to look for, nothing to develop, nothing to improve. Spirituality is invention, or nothing at all. The name carries the absence.


What we call truth, love, joy, God, absolute is that we are looking for basically as long as we are identified with a part of the shape that emerges. Words mean nothing, we claim to understand us, but yet is a story, a set of shapes without any meaning in the middle of other forms games. The truth, the absolute, the ultimate reality, God, this is what precisely cannot be reduced to any name, which exceeds any definition, the unseen, the unspeakable. Organize a system is still a form of celebration of fear


I do know that objects.
I am the ultimate subject.
Ever, the 'I' remains unknowable.


The question posed by the tantrika might be resuler thus: "that have I want to intimately celebrate?"


Affirm the equal value of any thing, any experience, of any form, from the perspective of the absolute, could be seen as a form of extreme relativism. But it's neither an ultimate avatar nihilism, or a renunciation but much of an understanding of the most absolute freedom that is the dissipation of any temptation of judgment and voluntarism. Freedom according to Tantra is not to do what I want, but it's loving what is. Love and freedom are one and the same experience.


Each story relating to the life, or what would be the purpose of life is contention and new limitation which I just experience. There is only the experience that I'm experimenting here and now, and the rest is history. Release is in total and unconditional what appears, experience either joy or sadness, fear or courage, love or fear.


There is no place for humility, just recognize my claims.
The release of the person is to recognize with more in addition to acuity limitations.


Limits appear, if I see them, if I included them in the ORB of consciousness, it is because that I'm already larger than they. My ultimate freedom is to recognize that my nature exceed all limitations of the conditioned. Therefore I'm more affected by no limit.


The world that appears is a projection outside the way I imagine and experimenting with my body. We never see the world, we see our emotions. At the as, the attention will gradually switch from the illusion of time to the intensity in which every moment seems to appear.


The beauty and intensity of life's question without hope for a response. If I wait for a response, I project myself, I am more present.


I find freedom in the intensity of what is there, in the awareness that no experience has a value greater than another when viewed from the non-dual absolute bottom.


The universe is only a manifestation of love, there is no harm, there are no limits on the expansion of each germ, radiance of love, in the only measure of our local identifications. But the existence of these limits is the condition even the shape, so the existence of the world. Without limitation to the love, it is no longer more conditioning world, adventure of the spirit in the duality, more exploration of God by itself.


In the vision of Tantra, in contrast to Advaita which invariably seeks non-being, it is love as much the being than non-being, becoming as the absolute.


And it is not love if this love does not occur in each situation, facing every being.


Before each mirror, is what I take time for awareness of judgments, positive or negative, which intervene between my perspective and the image of the other? Become aware of a judgment, is to objectify it, so it's désidentifier me. Conversely, when I do not recognize judgments through which I perceive reality, I'm in denial and projects this image on external objects, separating them qualities and values that I fantasize as them immanent. It is the movement of the recognition, which releases: vision is sufficient, there is nothing to change, to judge or not to judge, just look what pops up and recognize these forms as objects, that is to-say detach them subject indicator, which is refined to extent that consciousness develops a perception increasingly subtle clouds that obstruct the sky.


When I experience the total identification to the absolute, I contemplate all souls as secondary sources of divine love which radiate and give each birth to a singular cosmos. Love is the unique movement that animates the manifest universe and which radiates each form from the Source via the innumerable infinity of secondary souls which operate as Diffractive vacuities. Each secondary – or Atman – source is only an empty space through which flows the torrent of love which develops up to the limits to which he or she identifies. Each manifested form natural conditioning is to identify with a given physical body, and to take care. Each sub-centre emanation, each centre of consciousness, intended to take care of this form with which it identifies. What appears on plan packaged as conflicts, oppositions of separate forms, is on a nearest plan of the Source as the materialization of these margins of identification, but basically the only intent of the universe and of its sources of hazardous is the desire to love and to take care. The existence of these identity limits is the necessary condition for the emergence of a world of differentiated forms. Without these borders, there would simply as nil – a undifferentiated whole.


The absolute is not affected by the experiences and dynamics affecting the forms of the dream. And after Prakriti, the nature, the world of the event, even the pure consciousness, Purusha, appears as an ephemeral phenomenon dedicated to absorb within the absolute.


What remains is the total absence of identification.


And even the 'I am' eventually dissolve in the ocean of non-being.



YMLH

Être dans ce monde, sans être de ce monde : de la célébration du Désir dans la vision tantrique



metaphysical-spiritual-light-codes-of-individualized-oneness

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L’Advaïta Vedanta est la plus élitiste des écoles indiennes de la Non-Dualité. Cette tradition invite à demeurer en permanence concentrer sur le Soi qui fait l’expérience de l’instant. C’est un enseignement extrêmement radical qui ne traite que du plan de l’inconditionné. Nulle évocation dans les Upanishads relative aux émotions et aux problématiques de la vie quotidienne… Le maître advaïtin est celui qui brille de sa propre absence. Rien d’autre à réaliser que cette contemplation de la Source d’où toutes les formes surgissent avant d’y disparaître à nouveau. C’est également la perspective que propose l’expression la plus épurée du tantrisme non-dualiste du Cachemire, la voie de Shiva :


« Ici, nul besoin de progrès spirituel ni de contemplation, ni d’habileté de discours, ni d’enquêtes, nul besoin de méditer, ni de se concentrer, ni de s’exercer aux prières marmonnées. Quelle est, dis-moi, la Réalité ultime absolument certaine ? Écoute ceci : ne prends ni ne laisse rien et, tel que tu es, jouis heureusement de tout. »


Abhinavagupta, Huit stances sur l’Incomparable


Les rituels, méditations, prières et techniques sont inutiles pour celui qui sait naturellement s’abandonner à ce qui est, sans quitter son centre, c’est-à-dire sans s’identifier aux objets qui apparaissent et disparaissent dans le champ de conscience.


Si j’ai la capacité de rester focalisé sur le Soi, je n’ai besoin de rien d’autre que cette invitation à la contemplation de ce que Je suis.


Mais quand l’ego rencontre des difficultés, se confronte à la peur et à la souffrance, la plupart d’entre nous tend à quitter cet espace de contemplation et se perd dans l’objet. Pour ceux dont l’expérience est ainsi réactive et tendue vers l’identification, qui rencontrent des difficulté à s’abandonner, à lâcher prise, les structures ritualisées et les méditations peuvent représenter une aide notable. Ces propositions de structures visent toutes à ouvrir le champ de l’expérience, à créer une désidentification avec les formes phénoménales, qu’elles soient de nature sensitive, affective ou mentale. C’est là la vision du Tantra qui nous invite alors à la simplicité, à reconnaître que nous sommes perpétuellement dans la réaction, la prétention, le conditionnement… pas besoin de réaliser quoi que ce soit, pas de chemin d’éveil… Le monde est la célébration même de l’Absolu à travers les formes conditionnées et éphémères de la Maya.


Le Tantra est une voie plus inclusive que l’Advaita, dans la mesure où il intègre le désir et tous les niveaux de l’Être dans le devenir, au lieu de viser exclusivement la reconnaissance de ce que nous sommes ultimement. Il invite à célébrer la forme du désir quel qu’il soit, que celui-ci pointe vers l’Absolu ou vers le monde conditionné. Chaque forme qui émerge dans le flux de la conscience est manifestation de l’élan divin en sa perfection la plus pure. Tout désirer pour ne rien exclure, vivre la dualité sur le fond de la non-dualité : telle est l’invitation tantrique.


La vie est l’expression même de la Vérité d’instant en instant. Rien à ajouter, rien à retirer. Rien à faire, rien à s’empêcher de faire. Juste contempler et célébrer la participation de la partie à la totalité. Le mouvement même du désir vers un objet projeté, que celui-ci soit concret ou abstrait (le bonheur, l’amour, la liberté, la reconnaissance, le savoir, la richesse…) est la célébration même de l’objet.


Si chaque élan dans le monde des formes est une question que l’Absolu se pose à lui-même, la réponse, à jamais inconnaissable, comme le terme d’une asymptote, est paradoxalement toujours à la source de la question.


La vie est la question qui se perpétue de phénomènes en phénomènes.


Toute saisie d’une réponse est figement, ajournement de l’expérience, négation du mouvement incessant de création et de dissipation des images qui me traversent.


Chaque existence est la célébration du point aveugle autour de laquelle elle orbite : ce point focal est le germe de désir de cette existence particulière au sein de laquelle la conscience est venu se concentrer pour en vivre l’intensité, autant dans le plaisir que dans la souffrance.


Je ne cherche jamais autre chose que cet espace d’unité où je me reconnais comme la Source, mais le fil infiniment singulier suivi par chaque expression de l’esprit est l’histoire de la reconnaissance d’une qualité unique de la conscience.


Au premier abord ce qui est cherché est impersonnel, une valeur abstraite, une image comme la liberté, le bonheur, l’amour, etc. Mais au fur et à mesure où cette expression se reconnaît dans sa forme achevée, elle devient manifestation et célébration de son absence.


Je tourne mon regard vers le Soi en accueillant l’horizon tout entier de l’expérience dans mon champ perceptif, et je replonge au cœur de la forme en focalisant ma conscience dans le flux du désir personnel, prolongement dans la lumière densifiée du seul désir originel d’être. Sur le plan le plus absolu, il n’existe rien, il n’y a jamais eu de création ou de dissolution, et même le concept d’Amour ou d’Unité est erroné.


Je suis déjà ce que je désire le plus au monde, dans son expression la plus singulière. Si je cherche la beauté, la vérité, la liberté… dont je crois faire défaut, ma vie entière est célébration de la beauté, de la vérité, de la liberté de l’esprit. Si je quête la reconnaissance, ma vie entière est célébration de la valeur infinie et sans pareille de chaque unité du monde que je suis. Si je cherche la justice : ma vie est célébration de la justice, une autre dimension de la vérité. Si je cherche la violence, la guerre et la destruction, ma vie est célébration de la violence, de la guerre et de la destruction des formes, un autre visage de l’Absolu (Shiva Nataraja).


Le point de focalisation de la conscience d’où semble émaner le monde est dans l’instant l’expression exacte du désir qui jaillit de Dieu.


Il n’est aucune manifestation de la vie qui soit plus proche qu’une autre de la Vérité une et immuable : tout ce qui est est parfaitement à sa place et possède la même valeur que toute autre forme : comme dans un rêve dont je ne reconnaitrais pas la nature d’irréalité, je prêterais paradoxalement plus de valeur à certaines illusions qu’à d’autres. C’est la perspective partiale – identifiée à un acteur particulier de la scène qui se déroule ici et maintenant – qui génère secondairement une hiérarchisation des formes et des valeurs : autant de regards et de jugements différents que de points de vue et de personnes.


Lorsque ceci est enfin reconnu, nous prenons conscience que nous n’avons jamais été le chercheur, nous sommes ce qui était cherché. Ma recherche d’un objet est célébration de cet objet, que la personne obtienne ou non satisfaction.


Il n’y a pas de leçons individuelles, rien à chercher, rien à développer, rien à améliorer. La spiritualité est invention, ou n’est rien du tout. Le nom que porte l’absence.


Ce que nous nommons Vérité, Amour, Joie, Dieu, Absolu c’est ce que nous cherchons fondamentalement tant que nous sommes identifié à une partie de la forme qui émerge. Les mots ne signifient rien, nous prétendons nous comprendre, mais c’est encore une histoire, un jeu de formes sans aucune signification au milieu des autres jeux de formes. La Vérité, l’Absolu, la Réalité ultime, Dieu, c’est ce qui précisément ne peut être réduit à aucun nom, ce qui excède toute définition, l’inconnaissable, l’indicible. Organiser un système est toujours une forme de célébration de la peur


Je ne peux connaître que des objets.
Je suis l’ultime sujet.
A jamais, le « Je » demeure inconnaissable.


La question que se pose le tantrika pourrait se résuler ainsi : “Qu’ai je intimement envie de célébrer ?”


Affirmer la valeur égale de toute chose, de toute expérience, de toute forme, depuis la perspective de l’Absolu, pourrait apparaître comme une forme de relativisme extrême. Mais il ne s’agit ni d’un ultime avatar du nihilisme, ni d’un renoncement mais bien d’une compréhension de la liberté la plus absolue que constitue la dissipation de toute vélléité de jugement et de volontarisme. La liberté selon le Tantra, ce n’est pas de faire ce que je veux, mais c’est aimer ce qui est. L’Amour et la Liberté sont une seule et même expérience.


Chaque histoire relative à la vie, ou à ce que serait le but de la vie est prétention et nouvelle limitation dont je viens faire l’expérience. Il n’y a que le vécu que j’expérimente ici et maintenant, et le reste est histoire. La libération est dans l’expérience totale et inconditionnelle de ce qui apparait, que ce soit la joie ou la tristesse, la peur ou le courage, l’amour ou la peur.


Il n’y a pas de place pour l’humilité, juste reconnaître mes prétentions.
La libération de la personne c’est de reconnaître avec de plus en plus d’acuité ses limitations.


Les limites apparaissent, si je les perçois, si je les inclus dans l’orbe de la conscience, c’est parce que ce que je suis déjà plus vaste qu’elles. Mon ultime liberté, c’est de reconnaître que ma nature excède toutes les limitations conditionnées. Dès lors Je ne suis plus affecté par aucune limite.


Le monde qui apparaît est une projection à l’extérieur de la manière dont j’imagine et expérimente mon corps. Nous ne voyons jamais le monde, nous voyons nos émotions. Au fur et à mesure, l’attention va progressivement basculer de l’illusion du temps à l’intensité dans laquelle chaque instant semble apparaître.


La beauté et l’intensité de la vie est de questionner sans espérer une réponse. Si j’attends une réponse, je me projette, je ne suis plus présent.


Je trouve la liberté dans l’intensité de ce qui est là, dans la prise de conscience qu’aucune expérience ne possède une valeur supérieure à une autre, lorsqu’elle est considérée depuis le fond non-duel de l’Absolu.


L’univers n’est que manifestation d’amour, il n’y a pas de mal, il n’y a que des limites à l’expansion de chaque germe, radiance d’amour, dans la seule mesure de nos identifications locales. Mais l’existence de ces limites est la condition même de la forme, donc de l’existence du monde. Sans limitation à l’amour, il n’est plus de monde conditionné, plus d’aventure de l’esprit dans la dualité, plus d’exploration de Dieu par lui-même.


Dans la vision du Tantra, à la différence de l’Advaita qui vise invariablement le Non-Être, il s’agit d’aimer autant l’Être que le Non-Être, le Devenir que l’Absolu.


Et il n’est pas d’amour si cet amour ne se manifeste pas face à chaque situation, face à chaque être.


Devant chaque miroir, est ce que je peux prendre un temps pour prendre conscience des jugements, positifs ou négatifs, qui s’interposent entre ma perspective et l’image de l’autre ? Prendre conscience d’un jugement, c’est l’objectiver, c’est donc m’en désidentifier. A contrario, lorsque je ne reconnais pas les jugements à travers lesquels je perçois la réalité, je suis dans le déni et projette cette image sur les objets extérieurs, les parant de qualités et de valeurs que je fantasme comme leur étant immanentes. C’est le mouvement même de la reconnaissance, qui libère : la vision suffit, il n’y a rien à changer, ni à juger, ni à ne pas juger, simplement regarder ce qui apparaît et reconnaître ces formes comme des objets, c’est-à -dire les détacher du sujet témoin, qui s’épure au fur et à mesure que la conscience développe une perception de plus en plus subtile des nuages qui obstruent le ciel.


Lorsque je fais l’expérience de la totale identification à l’Absolu, je contemple toutes les âmes comme des sources secondaires de l’amour divin qui irradient et donnent chacune naissance à un cosmos singulier. L’amour est l’unique mouvement qui anime l’univers manifesté et qui irradie chaque forme depuis la Source via l’infinité indénombrable des âmes secondaires qui opèrent comme des vacuités diffractives. Chaque source secondaire -ou Atman – n’est qu’un espace vide au travers duquel afflue le torrent d’amour qui se développe jusqu’aux limites ce à quoi il s’identifie. Le conditionnement naturel de chaque forme manifestée est de s’identifier à un corps physique donné, et d’en prendre soin. Chaque centre secondaire d’émanation, chaque centre de conscience, ne vise qu’à prendre soin de cette forme à laquelle elle s’identifie. Ce qui apparaît sur le plan conditionné comme des conflits, des oppositions de formes séparées, ne représente sur un plan plus proche de la Source que comme la matérialisation de ces marges d’identification, mais fondamentalement la seule intention de l’univers et de ses sources d’émanation est le désir d’aimer et de prendre soin. L’existence de ces limites identitaires est la condition nécessaire à l’apparition d’un monde de formes différenciées. Sans ces frontières, il n’y aurait tout simplement que néant – une totalité indifférenciée.


L’Absolu n’est pas affecté par les expériences et dynamiques qui touchent les formes du rêve. Et après Prakriti, la nature, le monde de la manifestation, même la pure conscience, Purusha, apparaît comme un phénomène éphémère voué à se résorber au sein de l’Absolu.


Ce qui reste c’est l’absence totale d’identification.


Et même le « Je suis » finit par se dissoudre dans l’océan du Non-Être.



YMLH

"To leave oneself", by Meister Eckhart



The world said: "I would so live piety and fervor that others seem to live, be at peace with God as others are, being truly poor. "Or:"whatever I do, and wherever I am, I am never satisfied. I would both be far from home, without business, in a monastery or a remote location. »


In truth, all of this is none other than you, your own will that you am constantly without knowing even you account. That you admettes it or not, never a dissatisfaction arises in you who is your creation.


Let us understand: flee this, go to this, avoid these people, find a way or occupation is that your agitation. The cause of your problems is not in things, it is yourself in things. That is why look at yourself first and leaves you. In truth, while radicals you not your want, you beautiful flee, you find everywhere barriers and concerns.


Search anything in external things, peace, a place of retreat, the society of men, so acting, the noble works, exile, poverty or abandonment of all, regardless of the size this is nothing, don't count for anything, give nothing – especially not the peace. This quest leads nowhere: more is sought thus, less there. Having taken a wrong path, is that away more each day.


So what does do? First, surrendering oneself and thus abandon any thing. In truth, one who renounces a Kingdom, in the same world, keeping to oneself, does give up nothing. But the man who is giving up himself, what he keeps, wealth, honor, or whatever it is, has waived any. (…)


Viewing and where you are, give you up. This is the highest.


Know that nobody is enough left there to leave more. So start there, die to the task: this is where you will find true peace, and nowhere else.




A few words that the Vicar of Thuringia, prior of Erfurt, brother Eckhart, of the order of preachers, addressed to his spiritual sons that raised it all kinds of questions when they gathered for the evening snack.

“Se quitter soi-même”, par Maître Eckhart



Le monde dit : « Je voudrais tellement vivre la piété et la ferveur que d’autres semblent vivre, être en paix avec Dieu comme d’autres le sont, être véritablement pauvre. » Ou encore : « Quoi que je fasse et où que je sois, je ne suis jamais satisfait. Je voudrais tant être loin de chez moi, sans affaires, dans un monastère ou un lieu reculé. »


En vérité, tout cela n’est autre que toi, ta volonté propre que tu suis constamment sans même t’en rendre compte. Que tu l’admettes ou non, jamais un mécontentement ne surgit en toi qui ne soit ta création.


Entendons-nous bien : fuir ceci, aller vers cela, éviter ces gens, rechercher manière ou occupation n’est que ton agitation. La cause de tes difficultés n’est pas dans les choses, c’est toi-même dans les choses. C’est pourquoi regarde-toi d’abord et quitte-toi. En vérité, tant que tu ne te libères pas de ton vouloir, tu auras beau fuir, tu retrouveras partout obstacles et inquiétudes.


Chercher quoi que ce soit dans les choses extérieures, la paix, un lieu de retraite, la société des hommes, telle façon d’agir, les nobles œuvres, l’exil, la pauvreté ou l’abandon de tout, quelle qu’en soit la grandeur tout cela n’est rien, ne compte pour rien, ne donne rien — surtout pas la paix. Pareille quête ne mène nulle part : plus on cherche ainsi, moins on trouve. Ayant pris un chemin faux, on ne fait que s’éloigner davantage chaque jour.


Que faut-il donc faire ? D’abord, s’abandonner soi-même et, de la sorte, abandonner toute chose. En vérité, celui qui renonce à un royaume, au monde même, en se gardant soi-même, ne renonce à rien. Mais l’homme qui se renonce lui-même, quoi qu’il garde, richesse, honneur ou quoi que ce soit, a renoncé à tout. (…)


Regarde et, là où tu te trouves, renonce-toi. Voilà le plus haut.


Sache que jamais personne ne s’est assez quitté qu’il ne trouve à se quitter davantage. Commence donc par là, meurs à la tâche : c’est là que tu trouveras la paix véritable, et nulle part ailleurs.




Quelques paroles que le vicaire de Thuringe, prieur d’Erfurt, frère Eckhart, de l’ordre des Prêcheurs, adressa à ses fils spirituels qui lui posaient toutes sortes de questions lorsqu’ils étaient rassemblés pour la collation du soir.

Written on the heart of confidence (Sin Sin Ming)

Fundamental text of non-duality (V century AC)
By master Sosan (Buddhism Ch' year)



The great way is not difficult,
just avoid to choose.
If you are free of hate and love,
It appears clearly.


Away on the thickness of a hair
a wide gulf between then the heaven and the Earth.
If you want to find it,
Do not attempt to follow or to resist.


The struggle between the pros and cons,.
This is the heart disease!
Not realizing the profound meaning of things,.
you run out you in vain to pacify your mind.


Perfection of the vast space,
It lacks anything in the way, there is nothing superfluous.
By searching or pushing things,
We are not in resonance with the track.


Do not chase the world subjected to causality,
do you not lose in a vacuum of phenomena!
If the spirit remains in the peace of the Unique,
This duality disappears by itself.


Ceasing to act to find peace,
It will only further agitation.
Looking for motion or rest,
How can we know the Unique?


When we don't understand the duality of the track,
the movement and the rest are wrong.
If you push the phenomenon, it engulfs you;
If you continue the vacuum, turning him back.


By dint of lyrics and speculation,.
We move away from the track.
Cutting short speeches and reflections,
It is place where we cannot penetrate.


Back to the root, it is sense;
Chase appearances, it is away from the Source.
In an instant, turning our gaze,
we exceed the vacuum of the things of the world.


If the world seems to change,
It is because of our false views.
No need to search for the truth,
give up only false views.


Do not cling to views dual,
be sure to not to follow.
At the slightest trace of good or bad,
mind confused in the complexities.


The duality exists only in relation to the unit;
do not cling to the unit.
For a spirit that does not, manufacture
the ten thousand things are harmless.


If one thing does not trouble us, it is as non-existent.
If nothing happens, there's no mind.
The topic disappears as a result of the object;
the object vanishes with the subject.


The object is object to the subject;
the topic is relative to the object.
If you want to know what are these two entities,
be aware that they are empty of substance.


In this unique vacuum, both mingle
and each contains the ten thousand things.
Do not attempt to distinguish the subtle from the gross;
How to take advantage for this against that?


The essence of the main road is wide;
There is nothing easy, nothing difficult.
Restricted views are hesitant and suspicious;
more thought go quickly, most are going slowly.


If we focus on the main road, we lose the accuracy;
in the intention, we will on a road without end.
Let it go and everything will follow their own nature;
gasoline not moves or not remains in place.


Listen to the nature of things and you will be in agreement with the way,
free and issued any torment.
When our thoughts are fixed, we turn our backs to the truth;
We tangle and wallow in discomfort.


This malaise fatigue soul:
What good flee this and find it?
If you want to follow the path of the single vehicle,
Have no bias against objects of the six senses.


When you do more, ban
then you will reach enlightenment.
The sage has no task;
the sot gets hung himself.


Things are devoid of distinctions;
It is our commitment that gives them.
You want to understand and use the spirit,
is this not where the largest of all aberrations?


The illusion sometimes creates calm, sometimes the disorder;
Enlightenment destroyed any attachment and any aversion.
All objections
come from the thought.


Dreams, illusions, flowers from the air,
Why are exhaust to grasp them?
Profit, loss, true and false
disappear in an instant.


If the eye is not, sleeping
dreams disappear of themselves.
If the spirit does not take differences,
the ten thousand things are only a single reality.


Giving us the mystery of things in their unique reality,
We forget the world of causality.
When all things are considered with equanimity,
they return to their original nature.


Do not seek the why of things:
This avoids falling into the world of comparisons.
When peace moves, there is more movement;
When the movement stops, there's more tranquillity.


The borders of the ultimate
are not guarded by laws.
If the mind is illuminated by the identity,
all activity stops him.


Once brushed doubts
true confidence shines, strong and straight.
Nothing to remember,
nothing to remember.


Everything is empty, radiant and luminous by itself:
do not exhaust the powers of your mind.
The Incomparable is not measurable by the thought,
Knowledge is unfathomable.


In the reality as it is,.
There is no others or oneself.
If you want to tune,
a single word possible: non-deux!


In non-duality, all things are identical,
There is nothing that is in it.
Visionaries in all places
have access as well.


The principle is without haste or delay;
a moment is similar to thousands of years.
Neither present nor absent
and however all before your eyes.


The infinitely small is like the infinitely large,
into total oblivion of objects.
The infinitely large is similar to the infinitely small,
When the eye sees more limits.


The existence was nonexistence,
non-existence is the existence.
As long as you have not understood it,
You shall remain restless.


One thing at a time is all things,
all things are only one thing.
If you can only enter this,
It is useless to torment about perfect knowledge.


The spirit of trust is not duel;
What is duel is not the spirit of trust.
Here the ways of the language stops,
because it is past, present, or future.




————
This French translation by Jean Bouchart of Orval Sin Sin Ming is inspired by the beautiful version of L. Wang and J. Masui (reviewed by Professor P. Demieville of the Collège de France) as shown on pages 205-209 of the Tch work ' year – Zen: roots and flowerings, number 4 of the new series of the Hermès collection, éditions Les Deux Oceans, Paris 1985. Some passages were borrowed to the translation of Daniel Giraud from Seng Ts' year: Hsin Hsin Ming, treated spirituality Ch' year of the life century, editions Arfuyen, Paris, 1992, ISBN 2-908825-19-8.

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